<![CDATA[Psychothérapie]]> http://zohipsy.dzblog.com Psychologue clinicien, psychothérapie et consultation psychologique. fr Wed, 07 Jun 2006 18:21:04 GMT Wed, 07 Jun 2006 18:21:04 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[Angoisse]]> http://zohipsy.dzblog.com/article-52076.html
L'angoisse
L’angoisse est le motif le plus avancé par les patients durant la formulation de leur plainte à la première séance. Elle est présente dans toute la quasi-totalité des troubles psychiques, sous une forme ou une autre. Alors elle mérite d’être étudiée pleinement.
Psychopathologie de l’angoisse
Les névroses et l’angoisse
L’angoisse panique
Etymologiquement, elle signifie : Malaise psychique et physique, né du sentiment de l'imminence d'un danger, caractérisé par une crainte diffuse pouvant aller de l'inquiétude à la panique et par des sensations pénibles de constriction épigastrique ou laryngée (gorge serrée). Définition du Petit Robert.
Au dictionnaire de psychologie Larousse elle est ainsi définit : Extrême inquiétude; peur irrationnelle. —— L’angoisse est une sensation pénible de malaise profond, déterminée par l’impression diffuse d’un danger vague, imminent, devant lequel on reste désarmé et impuissant. Le plus souvent, cet état s’accompagne de modifications neurovégétatives comparables à celles que l’on observe dans les chocs émotionnels : palpitations de cœur, sueurs, tremblements, vision brouillée, etc. L’angoisse peut provenir d’un conflit intérieur (par exemple, lorsqu’on réprime son agressivité), d’une activité sexuelle insatisfaisante ou d’une perte d’amour (un deuil, la désapprobation d’une personne chère...) qui réactive un vieux sentiment d’abandon, dû à de précédentes expériences pénibles. Dans certains cas pathologiques, ce n’est pas la situation réelle qui engendre l’angoisse, mais des fantasmes, des représentations imaginaires d’une situation conflictuelle inconsciente. (…)
L’angoisse n’est pas, en soi, un phénomène pathologique. Elle est liée à la condition humaine. D’après les observations du psychanalyste américain R. Spitz, la première manifestation d’angoisse véritable se produit chez le bébé, vers le huitième mois, en l’absence de la mère et à l’approche d’un étranger, brusquement reconnu comme étant différent de cette dernière. Loin d’être une manifestation anormale, ce comportement est le signe d’un progrès. Il est la preuve que l’enfant a atteint la capacité de distinguer entre familier et étranger, et que son développement affectif se déroule normalement. Par la suite, aux moments importants de l’existence, quand une nouvelle adaptation se révèle nécessaire, l’individu retrouve, temporairement, l’angoisse. S’il est incapable de créer les conditions de cette adaptation, l’insécurité persiste, qui peut le conduire à la névrose ou à la psychose.
Psychopathologie
L’angoisse est un sentiment désagréable, d’insécurité, lié à l’anticipation d’un danger imminent. Donc il s’agit d’un signal de danger comme le montre Freud dans sa 2° théorie de l’angoisse. On distingue l’angoisse réelle et l’angoisse névrotique. Dans les deux cas elle est toujours un signal de danger. Mais si le danger dans l’angoisse réelle est extérieur à soi, dans l’angoisse névrotique le danger provient de soi-même. Selon la théorie freudienne, c’est une angoisse de castration.
L’ontogenèse selon ce dernier est l’acte de la naissance où le nouveau-né vit le premier traumatisme en se trouvant déplacé d’un milieu protecteur intra-utérin à un milieu extérieur agressif. Puis l’enfant au stade phallique découvre la différence des sexes et surestime la valeur du pénis. Alors le garçon au stade oedipien doit renoncer au désir de la mère sous la menace psychique que le père le châtrerait en guise de punition. Quant à la fille, elle commence à tendre vers le père pour avoir un enfant de lui et aura donc à travers lui le phallus. Ultérieurement cette menace de castration devient la peur du surmoi.
En fait nous n’avons pas besoin de rechercher l’origine primaire de l’angoisse ; pour la simple raison qu’elle est un sentiment naturelle comme la peur, le rire, la tristesse et la joie … etc. elle est innée. Nous devons centrer nos études sur sa valeur et sa signification dans l’état normal et dans les troubles psychiques.
L’angoisse pour le psychisme et comme la douleur pour l’organisme ; la douleur nous signale un dysfonctionnement organique pour qu’on intervienne et rétablir l’équilibre homéostatique. L’angoisse nous signale un dysfonctionnement psychique, ce qui – doit – nous inciter à agir d’une façon ou d’une autre pour rétablir l’équilibre psychique (principe de constance). Donc l’angoisse est indispensable pour notre survie ( signal de danger réel) et pour notre bien être psychique.
Elle témoigne toujours de l’existence d’une énergie psychique libérée et non investie (libre ou vacante). Elle est comme la peur qui est une libération d’une grande énergie psychophysique qui est mise à la disponibilité du sujet pour l’effort de défense contre le danger : ou bien la fuite ou l’offensive. S’il n’opte ni pour l’une ni pour l’autre il tremble et reste immobile, impuissant et effrayé et peut s’évanouir (quand la fuite est impossible ou ne peut pas procurer la sécurité). Ce tremblement n’est que la répression d’une forte charge tonique musculaire qui est libérée et freinée par une autre charge musculaire aussi opposée, ce qui produit une sorte de vibration du corps. Si le sujet arrive à prendre la fuite dans ce cas, le tremblement disparaît, car une force opposée s’est relâchée ce qui permet à l’autre charge (la fuite) de s’investir et donc de se consommer, et vice-versa.
Ce phénomène est plus clair dans le fonctionnement des moteurs électriques : Si le courant n’est pas redressé (phase et neutre ne sont pas séparés) le moteur vibre sans tourner, mais si on passe le courant par un redresseur, le moteur tourne selon le sens électrique.
Dans l’angoisse d’attente nous remarquons presque la même chose : Imaginons un groupe d’élèves de terminale attendant l’affichage des listes des résultats du bac ; nous constatons qu’ils sont tous en forte angoisse. Car il y a déjà deux éventualités : l’une est réussite, l’autre est l’échec. Ils sont agités ou immobiles, pales, peut-être, étouffés … etc. dans l’attente de la bonne ou mauvaise nouvelle. Mais dès que les listes sont affichées, l’état d’attente est terminé, l’état d’angoisse disparaît pour laisser la place à l’état de joie ou de déception, tristesse, pleurs … etc.
Dans l’angoisse névrotique le processus est le même, mais les pôles du conflit ne sont pas conscients ; tout se passe dans l’inconscient. Les deux charges opposées dans ce cas émanent l’une du désir (quantum énergétique : l’affect) et l’autre de l’interdit (la morale, surmoi/idéal du moi). La première est pulsionnelle, instinctive donc vitale et puissante. Mais le désir qui la représente est condamné par le surmoi et/ou la réalité et sera repoussé par le Moi qui est la seule instance organisée et donc capable de « déclarer l’état d’alerte » . Par conséquent cette charge se trouve « bloquée » quelque part dans le chemin menant à la conscience et par la suite à la réalité.
Cet état de tension est très désagréable, la poussée de la pulsion, la contre-poussée de la morale, créent ce qu’on appelle l’angoisse. L’insécurité provient dans ce cas de l’éventualité que la pulsion gagne la bataille et se déverse dans la réalité créant des sentiments de culpabilité et de condamnation que le patient refuse de subir. Cet état permanent mène au mécanisme du refoulement.
 
Les névroses et l'angoisse
Les névroses nous offrent le terrain le plus fertile pour l’étude de l’angoisse. Dans la pratique psychothérapique nous avons l’occasion d’étudier l’angoisse d’une manière plus claire : chaque cas nous renseigne sur la signification de l’angoisse et de ses vicissitudes.
Névroses
névroseterme désignant une pluralité de troubles psychologiques également appelés psychonévroses, que l'on attribuait à l'origine à des perturbations neuronales et dont on pense aujourd'hui qu'ils sont d'origine psychique ou émotionnelle. Les névroses sont caractérisées par l'anxiété, la tristesse et un comportement inadapté. Cependant, les troubles névrotiques ne sont généralement pas assez graves pour empêcher le patient de s'intégrer dans la vie sociale, contrairement à la psychose, qui nécessite habituellement une hospitalisation.
Chaque névrose est aujourd'hui classée selon ses symptômes propres. La classification proposée par de récents manuels de diagnostic et de statistique des troubles mentaux ne comprend plus la névrose, bien que les états antérieurement considérés comme relevant des névroses y soient décrits. Encarta 2005.
On dénomme aujourd’hui, troubles d’anxiété généralisée qui peut correspondre à ce qu’on appelait : névrose dépressive. Trouble panique qui correspondait à la névrose d’angoisse, phobies qui correspondait à l’hystérie phobique, les névroses obsessionnelles sont appelés actuellement : troubles obsessionnels compulsifs (TOC),… etc. alors une névrose très fréquente et très célèbre est apparemment non classée ou mal classée ; c’est l’hystérie de conversion. Cette nouvelle classification n’est pas acceptée par la majorité des spécialistes. Alors nous préférons toujours l’ancienne classification.
L'anoisse panique
Dans la névrose d’angoisse, comme son nom l’indique, l’angoisse est libre, le refoulement est très précaire, ce qui nous permet de l’étudier mieux que dans les autres névroses. Nous prenons un exemple très simple :
Un jeune de 22 ans avait un rendez-vous avec une jeune fille universitaire à 15h devant l’université. Alors ce jour, il s’est préparé dès le matin. Il avait peur de marcher seul avec elle dans la rue, pour ça il a demandé à un ami de marcher derrière lui lorsqu’il sera avec elle. Mais des circonstances ont empêché ce dernier de l’accompagner au moment venu. Ce dernier s’est occupé avec un groupe de jeune oubliant le RDV de son ami qui était avec eux. Il n’a pas pu rappeler son ami en présence de ce groupe de jeunes pour préserver cette relation dans la discrétion. En même temps, il ne pouvait pas se rendre seul au lieu du RDV devant l’université. Le temps passe, l’angoisse s’exacerbe, alors finalement il a décidé de se rendre seul. Il a marché une centaine de mètres, brusquement il a senti un « tremblement » dans son corps avec une panique intense et une sécheresse aiguë de la bouche et de la gorge au point qu’il n’a pas pu demander de l’eau dans un café que par le geste.
Il s’est dirigé directement à la polyclinique la plus proche emportant une bouteille d’eau dans sa main, entrant directement au cabinet du médecin sans demander de permission ni d’attendre son tour. En s’allongeant sur le divan, regardant le médecin, il a eu l’impression que ce dernier lui dit que tu va mourir ! Alors il a pris la fuite de la clinique à la rue ne sachant plus quoi faire et où aller. Après une demi-heure il a commencé à se rétablir. C’était 16h, là, il a voulu de nouveau aller à la rencontre de sa copine, mais c’était trop tard, et il est trop loin du lieu.
Après deux mois de cet incident, il était venu me consulter pour motif d’angoisse, malaise et surtout de peur de la mort. Il a oublié totalement cette histoire, et quand je l’ai interrogé s’il a aimé ou aime une jeune fille un jour, il m’a répondu que lui, ne s’intéresse plus des filles. Ce n’est qu’après quelques séances que cette histoire a vu le jour.
Voilà, nous avons l’histoire et la névrose. Comment cet incident s’est « converti » en névrose ? Loin de vouloir présenter ici une étude de cas, nous constatons que le désir de se promener avec la jeune fille est la poussée, la peur ou la honte de se déambuler avec les filles dans les rues, était la contre poussée. Le résultat est l’angoisse.
Mais comment s’est produit cet état de tension intense ? L’affect lié à ce désir – disons, le plaisir – était intense, donc pour le « freiner » il faut une force aussi intense. Tout cela se déroule dans la même personne (dans le soi), ce qui produit une grande dépense d’énergie psychique. Aucune de ces forces n’a pu vaincre l’autre, et donc c’est un état d’indécision (comme l’immobilité dans la peur), c’est ce qu’on appelle : le conflit psychique.
 Donc la névrose est le destin que prend le conflit psychique lorsqu’il persiste et ne trouve pas de solution. Ce destin ne serait que le refoulement et la formation des symptômes selon la structure de personnalité. Car comment le jeune a oublié ( !) Cet incident vécu avec toute cette intensité ? La réponse est que la « tentative » de refoulement est la conséquence de ce vécu pénible d’un tel conflit entre les instances du ça et le Moi/Surmoi. Juste au moment de l’attaque d’angoisse le refoulement s’est opéré.
Le retour à la mémoire, et donc à la conscience de ce conflit entraîne la guérison de cet état d’angoisse (et non de la névrose d’angoisse) car l’état du sujet dans l’ici et le maintenant n’est pas le même que dans le là-bas et le jadis. Les circonstances maintenant favorisent la prise d’une décision et par conséquent le recours au refoulement.
…/… à suivre.
]]>
Wed, 07 Jun 2006 18:21:04 GMT http://zohipsy.dzblog.com/article-52076.html